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Interview de Nicolas Payraud - Diplômé en Histoire en poste en Guyane

Alumni à l'honneur

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02/05/2016


Pour notre série de portrait, Nicolas Payraud (diplômé de l'UFR Temps et Territoire), conservateur régional de l'archéologie en Guyane nous en dit plus sur son métier, sa formation,...
 

Depuis juillet 2014, je suis conservateur régional de l'archéologie en Guyane. A ce titre, avec les agents du service de l'archéologie de la DAC, je coordonne l'ensemble de la recherche archéologique en Guyane, qu'il s'agisse d'archéologie préventive (prescription et contrôle scientifique et technique) ou de recherche programmée.

Nous travaillons en étroite collaboration avec divers établissements publics, qu'il s'agisse de l'INRAP, bien sûr, mais aussi du BRGM, des parcs naturels - nous avons notamment une convention de partenariat avec le Parc amazonien de Guyane - ou d'organismes de recherche oeuvrant dans d'autres domaines que l'archéologie. Par ailleurs, le service de l'archéologie conduit ou initie de nombreuses opérations chaque année.
J'ai pu obtenir ce poste grâce à ma réussite au concours, bien évidemment, mais aussi grâce à l'expérience accumulée auparavant. Le ministère n'aurait pas nommé en outre-mer un conservateur en début de carrière.



Mes compétences en mathématiques, informatique et statistiques, acquises pendant mes deux premières années  que j'ai développées et mises en pratique en permanence par la suite, ont joué un rôle déterminant dans mon parcours professionnel.
Je n'aurais pas donné autant de cours particuliers en mathématiques sans diplôme confirmant mon niveau et, surtout, je ne serais pas devenu un véritable spécialiste des SIG - ce qui m'a permis de décrocher mes postes à Roanne, puis à Chartres - sans cela.


 
Je ne peux que leur conseiller d'être mobiles, adaptables, mais aussi patients.

J'ai manqué quelques opportunités qui se présentaient à moi dans le passé pour ne pas avoir voulu prendre de risque, mais j'ai su en saisir d'autres. Dans tous les cas, il me paraît important de comprendre qu'il est souvent plus facile de trouver un poste hors de sa région d'origine ou dans un domaine voisin de celui auquel on aspire que dans le lieu de ses rêves.
 



J'ai fait toutes mes études à l'Université Lumière Lyon 2, en commençant par un DEUG MISASHS (aujourd'hui licence MIASHS), suivi d'une licence et d'une maîtrise d'Histoire, d'un DEA d'Histoire et archéologie médiévales et, finalement, d'un doctorat d'Histoire.
 
Après avoir obtenu mon DEA, je me suis inscrit en thèse que j'ai soutenue en 2009 sur le thème "Châteaux, espace et société en Dauphiné et en Savoie du milieu du XIIIe siècle à la fin du XVe siècle". Cependant, comme je ne bénéficiais d'aucune allocation, je devais trouver une autre solution pour vivre ; c'est pourquoi j'ai passé et réussi le concours d'attaché territorial de conservation du patrimoine en 2004.
Il m'a toutefois fallu deux ans pour trouver un poste en collectivité et j'ai, entre-temps, travaillé à temps plein, d'abord comme enseignant à domicile, puis comme chargé de mission à la chambre de métiers de Roanne.

En 2006, donc, j'ai rejoint en tant que responsable d'opération et chargé de l'inventaire du patrimoine archéologique le service de l'archéologie du Conseil général d'Eure-et-Loir, où je suis resté jusqu'à la fin de l'année 2012. Je commençais à tourner en rond à ce poste et avait envie d'autre chose.
J'ai eu le plaisir, en 2012-2013, d'enseigner pendant un an à l'EHESS, à Lyon - une seule série de cours, en parallèle de mon activité en Eure-et-Loir - et de réussir le concours de conservateur du patrimoine. J'ai donc quitté Chartres pour suivre un an et demi de formation et de stages, avant de rejoindre la Guyane.
 


Si on laisse de côté la majoration spécifique à l'outre-mer, qui compense un coût de la vie nettement plus élevé qu'en métropole, je perçois un salaire mensuel brut d'environ 3 000€.
 


Si on veut parler de promotion, c'est évidemment celle issue de MISASHS - je devais faire partie de la deuxième ou troisième promotion à suivre ce cursus - car nous étions un petit nombre (20-25 étudiants), ce qui tranchait évidemment avec les cours d'Histoire en amphi.
Mes années à l'Université Lumière Lyon 2 ne m'ont laissé pratiquement que de bons souvenirs, à part en ce qui concernait les emplois du temps : je me souviens, en 3e année, que je devais, le mercredi, enchaîner sport à Villeurbanne, archéologie sur les quais et Histoire à Bron !
 



Archéologue ! J'étais fasciné par le Moyen Age et les civilisations des Amériques - je confirme donc qu'en persévérant, on peut arriver à ses fins.



Mettre en route la climatisation et consulter ma messagerie électronique.
Du fait du décalage horaire avec la métropole, il n'est pas rare que j'aie des dizaines de messages qui attendent une réponse dès 7h du matin...

 
 

 
Université, Lumière et Lyon ? Plus sérieusement : innovante, dynamique et vivante.



 

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